Trouvez facilement le spécialiste qu'il vous faut parmi plus de 70 spécialités
Charline SAVATTEZ
Organisation fonctionnelle du corps (De Gasquet) | Coach carrière & équilibre de vie | Consultante en organisation
Publié le vendredi 6 février 2026
🔶 Le corps ne manque pas de force. Il manque de fiabilité neuro-motrice.
____
Il y a un fait que tout le monde observe, quel que soit son métier, son âge ou son niveau de pratique.
Ce n’est pas une pathologie. Ce n’est pas un manque de volonté. Ce n’est pas un défaut de condition physique.
C’est un signal.
Un signal que le système n’est pas suffisamment prévisible pour être laissé en arrière-plan.
Le cerveau humain a une priorité absolue : sécuriser le mouvement.
Avant de penser performance, esthétique ou endurance, il cherche une chose simple :
Puis-je prédire ce qui va se passer si le corps bouge, porte, encaisse, accélère ?
Lorsque la réponse est claire → le mouvement devient fluide, automatique, économique. Lorsque la réponse est floue → le cerveau augmente le contrôle conscient.
Ce n’est ni une faiblesse, ni un dysfonctionnement.
C’est une stratégie de survie.
Face à un corps instable, fatigué ou douloureux, la réponse logique a longtemps été : RENFORCER.
Car elle suppose une chose implicite : que le système sache déjà quand, comment et dans quel ordre utiliser cette force.
Or, dans de nombreuses situations — grossesse, post-partum, reprise d’effort, pathologies pelviennes, douleurs persistantes, fatigue chronique, périodes de transition hormonale — le problème n’est pas la force.
Pendant longtemps, le cervelet a été résumé à un rôle de « coordination motrice ». Ce raccourci est aujourd’hui dépassé. Les neurosciences contemporaines décrivent le cervelet comme :
💡 Fait peu connu : le cervelet contient plus de 50 % des neurones du cerveau, pour environ 10 % de son volume. Il ne déclenche pas le mouvement. Il ne décide pas.
👉 Il anticipe.
Il construit en permanence des modèles internes du corps, de la gravité, des charges, des conséquences d’un geste avant même qu’il n’ait lieu.
C’est cette anticipation qui permet :
Lorsque cette capacité prédictive est altérée, même subtilement, le mouvement devient :
Le corps peut être fort. Mais il devient imprévisible.
La conséquence est toujours la même : augmentation du contrôle conscient.
Dans ce cas, la force :
Ce n’est pas une erreur technique → C’est une erreur de stratégie. Et cela concerne tout le monde :
Lorsque cette logique perdure, le corps parle. Pas de manière spectaculaire. De manière prévisible.
On observe alors :
Dans le champ sportif :
Dans la vie courante :
Ce n’est ni un manque de motivation, ni une absence de discipline. C’est le signe qu’un système est sollicité au-delà de ce qu’il sait organiser.
Ce que ces signes disent vraiment
🔶 Ces manifestations visibles ne sont pas des problèmes isolés.
Elles sont les conséquences logiques d’un corps qui doit :
Autrement dit, le corps travaille en permanence en rattrapage.
Et un système en rattrapage permanent :
Ce n’est pas le corps qui « lâche ».
Un corps instable ne coûte pas seulement de l’énergie musculaire. Il coûte de l’attention.
Quand le cerveau doit surveiller en permanence la posture, l’équilibre, la respiration, les appuis et les sensations internes, → il consomme une bande passante cognitive précieuse.
💢 Résultats :
Le corps devient un bruit de fond permanent.
La question n’est pas : comment renforcer davantage ?
🔶 La vraie question est : comment rendre le système fiable ?
Un système fiable, c’est un corps où :
Quand cette organisation est restaurée :
Il ne s’agit pas de faire moins → mais de FAIRE PLUS JUSTE. Il ne s’agit pas d’opposer les approches → mais de les HIERARCHISER.
🔶 Organisation avant charge.
🔶 Prédiction avant intensité.
🔶 Fiabilité avant performance.
____
Le cerveau n’aime pas l’instabilité fonctionnelle.
Il la compense.
La compensation coûte cher.
Un corps fiable libère le cerveau.
____
Quand le corps devient un appui, il cesse d’être un sujet. Et quand le corps cesse d’être un sujet, tout s’aligne. 💫