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Alimentation et prévention du diabète gestationnel : conseils pratiques pour une grossesse sereine

Alimentation et prévention du diabète gestationnel : conseils pratiques pour une grossesse sereine

Lauren DENOUAL

Lauren DENOUAL

Diététicienne

Publié le samedi 15 mars 2025

Alimentation et prévention du diabète gestationnel : stratégies pour

une grossesse sereine

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Le diabète gestationnel, ou diabète de grossesse, touche environ 16 % des femmes

enceintes en France. Bien qu’il disparaisse généralement après l’accouchement, il peut

parfois réapparaître plus tard et engendrer des conséquences importantes pour la

maman et le bébé, à court et à long terme.

 

La bonne nouvelle ?

Avec une alimentation adaptée, quelques ajustements simples et

un diagnostic précoce, il est possible de limiter ces risques et de vivre une grossesse

sereine. Mais qu’est-ce que le diabète gestationnel ? Pourquoi est-il essentiel de le

dépister ? Comment vos choix alimentaires peuvent-ils faire toute la différence ? Et,

concrètement, que mettre dans votre assiette ?

 

Découvrons ensemble les réponses à ces questions !

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1. Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel survient lorsque le taux de sucre dans votre sang devient trop

élevé pendant la grossesse. Cela arrive souvent à partir du 2ᵉ trimestre, lorsque

certaines hormones de grossesse rendent vos cellules moins sensibles à l’insuline

(hormone qui permet de faire entrer le glucose dans vos cellules). Ce phénomène,

appelé insulinorésistance, est une adaptation naturelle et intelligente de votre corps

pour prioriser les besoins énergétiques de votre bébé.

 

👉 Pourquoi est-ce utile ?

Cette insulinorésistance permet de garder un peu plus de

glucose disponible dans le sang, afin que le foetus, qui dépend entièrement de vous

pour son énergie, puisse en recevoir suffisamment pour son développement.

Cependant, si votre pancréas ne parvient pas à produire suffisamment d’insuline pour

compenser cette résistance, le glucose s’accumule dans le sang, entraînant une

hyperglycémie persistante, signe de diabète gestationnel.

 

*Astuce pour mieux comprendre : Imaginez que les récepteurs à insuline sur vos*

cellules (les “serrures”) deviennent un peu plus difficiles à ouvrir. Même si vous avez

beaucoup de clés (l’insuline), le sucre reste partiellement bloqué dans le sang. Ce

mécanisme est bénéfique pour votre bébé, mais un excès constant de sucre peut poser

problème.

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Qui est plus à risque ?

Certains facteurs augmentent vos risques de développer un diabète gestationnel :

• Vous avez plus de 35 ans ;

• Votre IMC avant la grossesse est supérieur ou égal à 25 ;

• Vous avez des antécédents familiaux de diabète ou avez déjà eu un bébé pesant

plus de 4 kg à la naissance ;

• Vous avez subi une chirurgie bariatrique (chirurgie de l’obésité).

Si vous cochez au moins l’une de ces cases, votre médecin, gynécologue ou sagefemme

vous proposera un test de dépistage pendant votre suivi prénatal.

 

2. Pourquoi dépister le diabète gestationnel ?

Le dépistage est essentiel car il permet d’agir rapidement pour limiter les

complications. Si vous êtes à risque, votre glycémie à jeun sera contrôlée dès la

première consultation prénatale. Plus tard, un test spécifique (le fameux HGPO =

hyperglycémie provoquée par voie orale) pourra être réalisé entre la 24ᵉ et la 28ᵉ

semaine de grossesse.

 

Quels sont les risques si rien n’est fait ?

Pour la maman :

• Risques accrus de pré-éclampsie (une hypertension sévère) ;

• Accouchement par césarienne ;

• Augmentation du risque de développer un diabète de type 2 après la grossesse.

Pour le bébé :

• Une macrosomie (poids de naissance > 4 kg), qui peut compliquer

l’accouchement ;

• Un risque plus élevé de développer de l’obésité ou des troubles métaboliques

plus tard dans la vie.

 

👉 Bonne nouvelle : Avec un mode de vie adapté et un suivi régulier, ces risques

peuvent être considérablement réduits !

 

3. L’alimentation : votre meilleure alliée

Bien manger pendant la grossesse n’a jamais été aussi important ! L’objectif principal :

stabiliser votre glycémie tout en apportant à votre bébé tout ce dont il a besoin pour

bien grandir. Mais rassurez-vous, bien manger ne veut pas dire se priver !

 

Les bases d’une alimentation adaptée

Pour éviter les pics de glycémie :

• Fractionnez vos repas en 3 repas principaux et 2 collations par jour.

Combinez des glucides avec des protéines, des fibres et des graisses de

bonne qualité (comme l’avocat, les fruits à coque, les graines, l’huile de lin, de

noix ou de colza, ou encore les petits poissons gras) dans vos repas : cette

association ralentit la digestion et l’absorption des sucres au niveau intestinal,

aidant ainsi à stabiliser la glycémie.

 

• Pour mieux gérer votre diabète gestationnel, privilégiez les aliments à index

glycémique (IG) bas. Cela signifie que les glucides qu’ils contiennent passent

plus lentement dans le sang, ce qui évite les variations brusques de glycémie.

 

*Astuce pour mieux comprendre : L’IG mesure à quelle vitesse les sucres d’un aliment*

passent dans votre sang. Plus l’IG est bas, plus ces sucres sont libérés lentement, ce

qui aide à éviter des variations brutales de glycémie. Par exemple, le pain blanc a un IG

élevé (90) et provoque une montée rapide de glycémie, tandis que les lentilles, avec leur

IG bas (20), assurent une libération progressive.

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Rappel pratique : Ne descendez jamais sous les 1600 kcal/jour (même si vous êtes en

surpoids). Ces calories sont essentielles pour assurer la croissance et le

développement de votre bébé !

 

Comment composer vos repas ?

Voici un exemple d’une journée type pour stabiliser votre glycémie tout en vous faisant

plaisir :

Petit-déjeuner :

• Un bol de porridge (35 g de flocons d’avoine, 150 ml de lait ou boisson végétale

sans sucre, 50 ml d’eau).

• Une poignée de fruits rouges surgelés.

• Une infusion de rooibos (sans sucre).

Collation du matin :

• 1 à 2 clémentines.

• Une petite poignée d’amandes.

Déjeuner :

• Filet de maquereau au four avec citron et thym et huile d’olive.

• Riz basmati.

• Fondue de poireaux au citron et à la moutarde.

• Un yaourt nature non sucré avec quelques copeaux de chocolat noir.

Collation de l’après-midi :

• Une tranche de pain complet.

• Houmous maison ou fromage frais.

Dîner :

• Dahl de lentilles corail aux épinards.

• Une petite portion de quinoa.

• Une compote maison non sucrée à la cannelle avec une cuillère de fromage

blanc.

 

4. Bougez pour mieux équilibrer votre glycémie

En plus de bien manger, l’activité physique est un allié précieux pour stabiliser votre

taux de sucre dans le sang. Nul besoin de pratiquer intensément ! Une marche de 30

minutes d’intensité modérée, une séance de yoga prénatal ou de natation, 3 à 5 fois par

semaine (en l’absence de contre-indication obstétricale) vous seront bénéfiques.

 

Astuce pratique :

ü  Faites en sorte que l’intensité reste confortable : si vous pouvez parler en

ü  bougeant sans être essoufflée, c’est parfait !

ü  Préférez attendre à 1h30 à 2h après un repas avant de pratiquer une activité

ü  physique pour respecter le processus de digestion.

ü  En cas de traitement par insuline, assurez-vous d’avoir toujours un resucrage sur

ü  vous et adaptez vos doses insuliniques à la baisse avant l’activité.

 

5. Pourquoi un suivi personnalisé est indispensable

Chaque femme enceinte est unique. C’est pourquoi un suivi personnalisé par une

diététicienne-nutritionniste est essentiel. Ensemble, vous pourrez :

• Adapter vos repas à vos goûts et besoins spécifiques ;

• Trouver des solutions pratiques pour le quotidien ;

• Réduire les risques pour vous et votre bébé, tout en gardant le plaisir de manger.

 

👉 Rappelez-vous : Le bien-être de votre bébé commence par le vôtre !

 

En résumé, adoptez ces 5 réflexes :

1. Fractionnez vos repas en 3 repas et 2 collations, surtout si vous souffrez de

désordres digestifs.

2. Associez glucides, protéines, fibres et bonnes graisses dans vos repas, en

privilégiant les aliments à IG bas.

3. Hydratez-vous suffisamment (1,5 à 2L/jour en plus de l’apport alimentaire).

4. Pratiquez une activité physique douce (intensité modérée) et régulière (3 à 5 fois

/semaine).

5. Consultez une diététicienne-nutritionniste pour un accompagnement

personnalisé.

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